Jeudi 11 mars 2010 à 20:41

Alors que le train vacille sur la rouille des rails, le paysage s'offre aux curieux. L'horizon s'étend dans sa robe de printemps frileux, tandis que les champs se couvrent d'une légère laine, entre argent et or. J'observe, distraite, les jupons des saisons se retourner sur les chevilles-porcelaine de la vie. On tourne un page, encore.

Mais l'encre, par transparence, révèle encore quelques verbes. On croirait presque lire un "aimer", au coin, en petit. Le bleu s'efface déjà, de ce côté. Soupir. Bientôt, on oubliera. Et on disparaitra, l'un de l'autre. Des souvenirs reviendront parfois, au détour d'une chanson ou d'un inconnu si ressemblant. On se surprendra à se rappeler ces choses si lointaines, si brumeuses. Ah, oui.

Et aujourd'hui, tandis que le ciel se teinte de ce rose poudrée, tendre, innocent, je verse une larme. Une seule. En silence. J'enterrerai bientôt mes morts, mes petits soldats trépassés. Je n'ai plus la force de repousser la prochaine attaque. Je me laisserai aller contre eux, contre l'odeur forte de la déception. Peut-être que de l'autre côté, les choses seront plus belles ?




"Jaime... C'est un beau prénom."
"Ah ?"
"Oui. En français, tu rajoutes une apostrophe et..."

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